dimanche 23 janvier 2011

Freud "Cinq leçons sur la psychanalyse"





Première leçon

Qu’on se le dise, la psychanalyse n’a pas été inventée par Freud mais par le docteur Breuer qui l’appliqua dans les années 1880 sur une jeune fille atteinte d’hystérie. Par hystérie, on entend un état bizarre et capricieux qui se rencontre chez des gens dont les organes ne présentent pas d’anormalités mais qui ont subits des chocs affectifs.
Lors de ses expérimentations pour soigner sa patiente, Breuer a constaté que les symptômes étaient souvent des résidus d’expériences émotives qui seront appelés plus tard traumatismes psychiques. Il a pu constater aussi que les symptômes sont déterminés par les souvenirs dont ils sont eux-mêmes le résidu et que généralement, ces symptômes apparaissent suite à non pas un mais plusieurs traumatismes. Par conséquent, pour soigner efficacement l’hystérie, il a fallut s’attaquer à chaque traumatisme en partant du plus récent afin d’accéder au plus ancien sans avoir la possibilité d’en omettre.
Pour résumer et reformuler, les hystériques souffrent de réminiscences. Leurs symptômes sont les résidus d’éléments traumatiques. Les névrosés sont se souviennent d’éléments passés et son attachés affectivement à eux et cette fixation au passé déborde sur leur présent et leur futur.
Breuer a aussi montré que bien souvent le problème vient de sentiments refoulés et bloqués par et dans le patient. Lorsque le docteur l’aborde, par hypnose, ce dernier ressort avec une intensité intacte et une fois le sentiment exprimé dans toute sa violence, il disparaît. L’hystérie serait en fait notre affect qui se manifeste d’une façon inappropriée, notre inconscient qui se rappelle à notre conscience avec force.

Deuxième leçon

Selon Janet, les hystériques sont incapables de maintenir en un seul faisceau les multiples phénomènes psychiques qu’ils rencontrent d’où une dissociation mentale. En outre, l’idée de Breuer de passer par l’hypnose pour soigner les patients n’est pas agréable d’où la volonté de Freud de soigner les patients sans recourir à cette méthode.
Se faisant, il a découvert qu’il devait lutter contre les patients car ces derniers opposaient une résistance inconsciente. En effet, ces derniers occultent leurs troubles et refusent de réintégrer ces éléments oubliés dans leur conscience. Il y a donc un processus de refoulement.
Ces refoulements sont les conséquences de brefs conflits intérieurs où les désirs entrent en conflit avec les aspirations des gens ou avec les normes morales. L’individu se doit donc d’intérioriser cette dualité. Généralement, l’homme normal oublie cet incident mais le névrosé n’arrivera pas à refouler son désir contrarié qui continuera à subsister et à se manifester à sa conscience lui causant de grandes souffrances.
Ainsi, et contrairement à la définition de Janet, nous pouvons affirmer que les hystériques sont des individus soumis à un conflit entre deux forces psychiques, une opposition entre l’inconscient refoulé et le conscient qui résiste au retour à la conscience des éléments occultés. La tâche du médecin est donc de rendre possible la cohabitation entre ces deux forces. Il est une sorte de médiateur psychique. Pour se faire, il lui faudra remettre l’élément refoulé à la conscience du patient afin que ce dernier accepte son désir tel quel, le transforme pour le rendre plus acceptable ou l’affronte et le condamne fermement plutôt que de l’esquiver et de le refouler.
Bien entendu, cette découverte n’a été possible que par l’abandon de l’hypnose. La méthode du docteur Breuer n’aura eu finalement comme mérite que montrer qu’il existe un lien entre les pathologies physiques et les troubles psychiques.

Troisième leçon

Il convient d’admettre que la leçon deux n’est pas complète. Le patient ne refoule ses désirs, il résiste à les faire revenir à la surface de sa conscience et quand on insiste, il ne va pas toujours dire la vérité. Ses propos ne sont pas nécessairement exhaustifs et honnêtes. Il lui arrive de substituer son désir refoulé par une sorte d’ersatz qui sera inconsciemment connectée à son trouble mais ne se manifestera pas identiquement. C’est une sorte de compromis défensif.
Voilà pourquoi il est indispensable de laisser parler le patient librement, que ce dernier ne réfléchisse pas et s’exprimer sincèrement. Il incombera au médecin de savoir comprendre et associer les propos de l’individu. Tel un chercheur, il partira de ces éléments bruts pour en extraire sa matière première.
Il y a deux autres façons aussi de procéder pour comprendre et aider le patient. Analyser et savoir interpréter ses rêves et savoir déchiffrer ses lapsus.
L’interprétation des rêves est la voie royale à la compréhension de l’inconscient humain. Confus et incompréhensibles, les rêves des adultes doivent être compris comme étant l’association d’un contenu manifeste du rêve et des idées oniriques latentes. Ces deux éléments sont en conflit, comme les deux forces chez l’hystérique. Le contenu est le substitue des idées crée par le « moi » du rêveur afin de le rendre plus acceptable.
Ainsi, l’analyse du rêve demande la même méthodologie que l’analyse des associations d’idées. Ile ne faut pas chercher la logique des propos mais le fil rouge du songe ou sa signification profonde. Si on y parvient, on verra que les rêves sont souvent influencés par les désirs et le quotidien des patients. L’intérêt de l’analyse du rêve et que cette pratique permet de comprendre comment le cerveau fonctionne pour condenser et déplacer les complexes refoulés et leur transformation en symptôme. On peut même comprendre le développement psychique qui s’est construit entre l’enfance et la maturité du patient. L’analyse du rêve pourrait même nous permettre de comprendre la création des symboles et de mythes de la culture populaire.
Dernier élément aidant la pratique psychanalytique, le lapsus, est celui le plus ignoré et le plus insignifiant car tout le monde en fait, malade comme sain d’esprit. Bien souvent, on pense que ce sont des erreurs aléatoires et sans signification mais ils ont un sens. Ils traduisent des pulsions et des intentions. Si on ne les considère plus comme des accidents mais bien comme des symptômes, on constatera que les lapsus sont des instants où l’inconscient arrive à forcer la conscience pour s’exprimer. Ce sont des relâchements dans la vigilance et dans la résistance du « moi ».
Fait important, le lapsus, parce qu’il est universel, montre que tout le monde a un inconscient en conflit avec la conscience, que tout le monde refoule quelques désirs et que ceci n’est pas la panache des simples hystériques et névrosés.

Quatrième leçon

Une des premières choses que la psychanalyse a mise en évidence est que les pulsions morbides sont très fréquemment liées à la vie amoureuse des patients. C’est assez délicat à croire mais l’expérience l’a démontré, dans nos sociétés pudiques, la sexualité joue un rôle fondamentale dans l’équilibre psychique.
Plus important encore, les premiers symptômes ont leur source dans l’adolescence et l’enfance des individus car oui, les enfants ont des manifestations érotiques dès le plus jeune âge. L’enfant n’a pas vraiment de libido mais il nait avec un instinct sexuel. Il n’éprouve pas l’envie de se reproduire mais chercher tout de même à se faire plaisir. C’est une phase d’auto-érotisme. Très vite pourtant va se manifester la libido avec la participation d’un tiers qui pourra être déterminant dans le caractère passif ou actif de l’individu. Le genre de ce tiers n’a pas d’importance car l’enfant n’est pas encore assujetti à sa zone génitale. Ce n’est que lorsque la zone génitale étend sa suprématie que l’individu entre dans une logique de reproduction et qu’il cesse l’auto-érotisme. C’est à cet âge que les tendances enfantines peuvent influer sur l’orientation sexuelle. A cet âge aussi que la morale, la honte et la pudeur apparaissent.
Il peut arriver que des instincts auto-érotiques refusent d’être refoulés à ce moment décisif de la construction de la psyché et de la sexualité de l’individu. Ces êtres développent dès lors des perversions souvent liés à une sorte d’infantilisme.
Un autre élément à prendre en considération lorsqu’on évoque le cas de la construction psychique des enfants est le rapport aux parents. Comme les parents s’occupent de lui, l’enfant oriente son attirance vers eux. L’enfant a un désir sexuel pour ses parents, surtout celui du sexe opposé au sien et se mets en opposition avec celui du même sexe. De ceci naît un complexe qui est le complexe de base de chaque névrose. Bien le comprendre et bien le traiter permettrai d’éviter bien des névroses, perversions et obsessions.

Cinquième leçon

La leçon précédente nous a fait comprendre que les symptômes névrotiques apparaissent quand les individus ne peuvent satisfaire leurs pulsions sexuelles et son amenées à fuir le réel pour trouver refuge dans la maladie afin d’obtenir ces plaisirs qu’on leur refuse. On peut aussi penser fort logiquement que la résistance évoquée précédemment tient aussi au fait que le patient rechigne à sortir de sortir de la maladie de peur de perdre cette jouissance qu’il n’est pas certain de retrouver dans la réalité.
Une façon de ne pas fuir dans une maladie en régressant jusqu’à retrouver cette libido infantile consiste à transformer la pulsion en art. Plutôt que de refouler, il faudrait que le patient transforme ses pulsions en quelque chose d’esthétique.
Sinon c’est la névrose qui nous touche tous puisque nous sommes tous sexués. Seulement beaucoup d’entre n’ont pas de complexes aussi importants et dont les proportions n’empiètent pas sur notre vie.
A part ça, les soins ont permis de constater que bon nombre de patients effectuent ce que l’on appelle un transfert. Ils déversent un trop plein d’affection parfois mêlée d’hostilité qui n’ont pas de raison d’être si ce n’est qu’ils sont des réminiscences d’anciens désirs refoulés.

Beaucoup de gens ne portent pas crédit à ces propos et ne croient pas en la psychanalyse. Peut être est ce parce qu’ils ont peur d’admettre que leur sexualité a été brimée, qu’enfant ils avaient une libido et qu’ils ont tous en eux les germes de la névrose mais il faut comprendre que la psychanalyse est indispensable au bon développement humain. Elle supprime les désirs ou elle les ramène à la norme afin que le patient puisse la vivre. Une autre solution serait que la société rende légitime certaines tendances libidinales afin que l’individu n’ait plus à refouler ses pulsions.

2 commentaires:

Fonds de tiroir a dit…

Merci pour cette note de très bonne facture. Je vous propose ma lecture des Cinq leçons sur mon blog : http://notescast.blogspot.fr. J.S.

Anonyme a dit…

Excellent résumé !